Un club de bridge très dynamique

Victime d’une méchante affection, alitée, tu as dû rester en retrait pendant une longue période et n’as pas pu te rendre au Bridge Club Mirandais, ton club favori.

Rappelle-toi, mamie, nous étions en juillet. J’étais jeune, je ne connaissais personne avec qui jouer et je t’avais demandé de m’enseigner un nouveau jeu.

Ravie d’être sollicitée, tu m’avais proposé de t’accompagner dans le club que tu fréquentais assidûment, ce que j’avais accepté avec enthousiasme, heureux de découvrir ce qui constituait ta principale passion, ce jeu dont j’avais, bien sûr, entendu parler, mais qui me semblait bien difficile et, pour tout dire, inabordable.

Quelle excellente idée fut la tienne ! J’ai découvert un univers de passionnés, jouant dans une ambiance festive, loin d’engendrer la mélancolie, certains pourtant très âgés, éprouvant quelques difficultés pour se déplacer, mais qui n’hésitent pas à grimper l’escalier menant au premier étage où fonctionne le club.

Je me suis inscrit aux cours « débutants », de l’école de bridge, animé,  le mercredi matin, à 9 heures 30, par des bénévoles très compétents et attentionnés envers leurs élèves, j’y ai été cornaqué par Michèle, désignée comme ma marraine (chaque élève débutant est suivi et aidé par un parrain ou une marraine qui peut aussi jouer avec lui, le troisième mercredi de chaque mois, le tournoi en ligne sur Real Bridge qui leur est réservé, voire, celui du dimanche soir). Je ne les citerai pas, par crainte d’en oublier.

Finalement, je me suis découvert une nouvelle passion ; le virus du bridge m’a contaminé, et je doute qu’aucun traitement puisse en avoir raison.

Un certain temps a passé depuis ce premier contact ; je fréquente désormais régulièrement le club.

Je suis toujours les cours de l’école de bridge, mais à un niveau plus élevé, le cours d' »accession », réservé, le mercredi, aux élèves de 2ème et 3ème années, quelquefois même le jeudi matin à 9 heures, au cours « perfectionnement », animé par Benjamin, suivi, à 10 heures, du cours « compétition ».

Enfin, je participe aux tournois « classiques » du mardi après-midi, à 14 heures 15, ainsi qu’aux « Venez dîner », disputés, à partir de 15 heures le premier mardi de chaque mois, avec, à la clé, un dîner toujours très apprécié et qui draine vers Mirande de nombreux joueurs de clubs amis.

J’y côtoie, des dilettantes, comme des « mordus », tous très sympathiques et jamais avares d’une plaisanterie, voire d’un aimable petit chambrage n’ayant aucun lien œnologique.

Il se trouve même, parmi les participants, une joueuse d’un très bon niveau dont j’admire les performances actuelles, car, victime d’une brusque cécité, elle a fait montre d’une extrême résilience et surmonte son handicap grâce à l’aide de membres du club et d’un ordinateur équipé d’un logiciel adapté qui lui permet de mémoriser ses cartes et celles jouées à la table, exploitant ainsi au mieux des facultés exceptionnelles.

Ce sont tous ces aspects bien sympathiques qui font le succès du Bridge Club Mirandais.

Sache, mamie, que tout le monde se montre impatient de ton prochain retour.

NDLR : Le petit-fils attentionné n’existe que dans l’imagination délirante de l’auteur.

Cependant, sa description des nombreuses activités du Bridge Club Mirandais est, en tous points, conforme à la réalité.